Apprentissage vs Apprenance

apprenance par l'art en entreprise

L’apprentissage, développement des « hard skills »

L’apprentissage, tout le monde a une idée à peu près définie de ce que cela signifie à savoir qu’il y a un enseignement qui va être donnée d’un « maître », à un « élève ». Le maitre désigne celui qui sait et qui apporte son savoir et son expertise à une personne qui veut apprendre ou progresser dans un domaine.

Nous sommes tous des apprentis dans des domaines différents lorsque nous nous lançons de nouveaux challenges. Apprendre de nouvelles choses est grisant, nous donne un sentiment de liberté incroyable lorsque nous commençons à acquérir de nouvelles compétences.

J’associerais l’apprentissage au développement des  « hard skills ».

L’apprenance, développement des « soft skills »

Et puis il y a « l’apprenance ». C’est un mot qui a l’air un peu barbare. J’avoue que la première fois que j’ai entendu ce mot là j’ai ressenti le besoin d’aller voir dans un dictionnaire s’il existait vraiment ! La réponse est non, et pourtant c’est un mot que l’on entend de plus en plus.

L’apprenance est en fait un néologisme qui définit « une attitude et des pratiques individuelles et collectives. C’est une attitude dynamique consciente permettant à une personne ou un collectif d’accroître sa capacité à traiter des situations complexes. » (source Wikipédia et oui le mot n’existant pas encore dans le dictionnaire officiel il a bien fallu trouver l’info ailleurs 😉).

Mais c’est un mot qui me parle et qui désigne une chose essentielle, que je retrouve finalement dans mon parcours professionnel et qui vient mettre en lumière bien plus que l’apprentissage. L’apprenance implique une dynamique consciente et volontaire de transformation, d’amélioration et de progrès mais pas uniquement à son propre niveau.

Alors que l’apprentissage n’intervient qu’à un niveau personnel (je veux apprendre une compétence et je me forme pour l’acquérir), l’apprenance intervient aussi au niveau du collectif, d’une équipe, d’un cercle ou d’une organisation (qu’elle soit territoriale, à l’échelle d’un groupe ou d’une entreprise).

J’associerais l’apprenance au développement des « soft skills ».

Pour vous donner un exemple concret : une entreprise veut faire réfléchir ses collaborateurs sur les enjeux environnementaux. Elle va alors mettre en place des ateliers collectifs permettant de réfléchir ensemble aux améliorations possibles à mettre en œuvre pour réduire leurs déchets, leur empreinte carbone ou leur consommation en énergie par exemple. Grâce à des apports théoriques, pratiques ET à l’intelligence collective, une vraie transformation consciente et dynamique peut s’opérer et mener à des actions concrètes.

L’apprenance en entreprise

apprenance en entreprise

Savoir poser un cadre

Imaginez toutes les idées qui fourmillent à l’intérieur de tous les cerveaux de chacun. Imaginez maintenant que ces cerveaux puissent se connecter entre eux… Que pensez-vous qu’il se passerait ? Et que pensez-vous surtout qu’il se passe lorsque ces mêmes cerveaux sont muselés, ne peuvent s’exprimer, ne partagent pas de moments de brainstorming, d’idéation. Imaginez toute cette créativité réduite au silence… Quel tristesse et surtout quel gâchis !

Les meilleures idées n’émergent pas d’un seul et même cerveau qui serait la tête pensante de l’entreprise, du groupe, de la collectivité. Les meilleures idées émergent par la co-création.

Mais pour permettre aux collaborateurs d’être dans une dynamique d’apprenance il faut poser un cadre qui va favoriser la créativité, l’émergence des idées et des innovations. Ce cadre il se situe à deux niveaux, individuel et collectif.

  • Individuel parce qu’un cadre dans lequel on ne se sent pas jugé pour ses erreurs mais où l’on sent que l’on est soutenu dans ses initiatives et écouté dans ses suggestions permet aux collaborateurs d’exprimer leurs idées.
  • Collectif parce qu’il faut donner les moyens de ses ambitions. Une entreprise qui veut que ses salariés soient créatifs et innovants mais qui ne leur donne pas les moyens de les mettre en place, va mener à une démotivation des troupes.

Ainsi poser ce cadre implique de mettre en place un management bienveillant basé sur la confiance (responsabiliser mais laisser le droit à l’erreur), la liberté de parole  (être à l’écoute de tous et de toutes les idées sans jugement) l’expression claire des valeurs de l’entreprise (permet de s’identifier personnellement aux valeurs du groupe), la reconnaissance de l’implication des membres de son équipe et enfin la mise à disposition des ressources nécessaires (ressources financières bien sûr, mais aussi moments de réflexion collective lors par exemple d’ateliers d’intelligence collective).

Comment l’Art peut être un vecteur d’apprenance ?

J’ai assisté la semaine dernière à un conférence très intéressante sur le thème « La création artistique, un levier de QVT dans les organisations ? ». Cette intervention était  mise en place par The Great Place to Work avec Adeline Cubères d’Artwork in Promess comme invitée.

C’était super enrichissant et c’est venu conforter ma conviction que l’Art est un vecteur incroyable de transformation individuelle et collective, avec une notion centrale de bien-être et d’épanouissement personnel. Et c’est là que l’entreprise a une carte à jouer notamment sur la QVT (Qualité de Vie au Travail).

L’art permet de faire appel à de nombreuses notions comme l’innovation, la créativité, la confiance en soi qui implique aussi de ne pas avoir peur d’échouer et de recommencer. Mais ce que d’autres vont peut-être considérer comme des échecs n’en sont pas, ils sont avant tout des moyens d’apprenance, c’est-à-dire des moyens pour tendre vers un but, une recherche, ou la résolution d’une problématique. Des moyens pour s’améliorer en quelque sorte.

 » Le siège de l’âme est là où le monde intérieur touche le monde extérieur. «  Novalis

L’art touche à l’intime, et quoi de plus intime que notre âme, notre monde intérieur ? Ainsi l’art est une passerelle entre ce monde de l’intime et le monde extérieur. C’est pourquoi il est si important de lui laisser une place prépondérante dans notre vie. Les entreprises ont d’une certaine manière, ce devoir. Celui de permettre à leurs collaborateurs de s’épanouir en rendant l’art accessible, y compris dans le cadre professionnel. Des employés heureux et sereins ce sont des employés plus créatifs et plus productifs !

Les différentes façon de faire entrer l’Art dans l’entreprise

Faire entrer l’Art dans les entreprise, c’est ouvrir une fenêtre sur les possibles… C’est donner la chance d’« apprendre à exprimer la voix cachée des choses » (Giorgio de Chirico). Parce que l’art est une fenêtre, une ouverture sur le monde et sur les autres.

Cela peut se mettre en place de différentes manières :

  • Installation d’œuvres originales ou de reproductions dans l’environnement professionnel : que ce soit par l’achat ou la location d’œuvres d’art (de plus en plus répandu). Mettre du « beau » dans l’environnement professionnel apporte un bien-être et un apaisement immédiat.
  • Le mécénat : commande d’œuvres créées spécifiquement par des artistes en se basant sur les valeurs de l’entreprise et son environnement. Faire matcher un.e artiste avec une entreprise c’est le travail notamment d’Artwork in Promess. Découvrez comment Adeline et Samuel ont mis en place une exposition digitale à la demande d’EDF afin de combattre les préjugés et questionner le regard que nous portons sur le handicap. Un bon moyen de parler d’ouverture et d’inclusion dans le monde de l’entreprise.
  • L’organisation d’ateliers team-building pendant lesquels les collaborateurs deviennent les moteurs de leur création et de leur transformation. 

La création collective dans l’art : un moyen efficace d’apprenance

Un exemple de création collective dans l’Art : Le « Cyclop » de Jean Tinguely

le cyclop - jean tinguely

Est-ce que vous connaissez cette œuvre de Jean Tinguely ? Elle s’intitule « Le Cyclop », mais elle est aussi nommée « La Tête » ou « Le Monstre dans la forêt ».

Je me souviens de l’avoir découverte par hasard lors d’une randonnée que je faisais avec mon mari dans la forêt de Milly-la-Forêt en Essonne. Au détour d’un chemin je suis tombée sur cette merveille, sur ce monstre étrange, intriguant et pourtant totalement à sa place ! Un « Cyclop » avec un œil, une oreille, une langue tobogan, des mécanismes sonores… et des dizaines d’œuvres dans la tête !

L’histoire commence en 1969, en pleine période « écolo ». Le sculpteur Suisse et sa femme Niki de St Phalle vont avoir une idée un peu farfelue : la réalisation d’une œuvre monumentale qui serait composée d’un assemblage hétéroclite de matériaux de récupération. Comme toutes les œuvres de Tinguely, il la conçoit dotée de mécanismes pour rendre l’œuvre vivante. Elle bouge, elle grogne et habite l’espace de cette forêt.

Mais le projet est d’envergure et il ne veut et ne peut pas le faire seul avec sa femme. Alors il demande d’abord à un ami puis un autre et encore un autre… Au début ils étaient 5, au final une quinzaine d’artistes l’auront rejoint dans cette aventure créative collective incroyable qui aura duré plus de 20 ans. Parmi eux on compte notamment Arman, César, Raynaud, Spoerri, Eva Aeppli… Niki de St Phalle en parle dans cette courte vidéo.

Ils ont conçu ensemble, réfléchi ensemble, œuvré ensemble, connecté leurs cerveaux ensemble pour faire de ce rêve une réalité !

le cyclop - jean tinguely
le cyclop - jean tinguely
le cyclop - jean tinguely

« En travaillant dans la forêt, nous rêvons à une utopie et à une action sans limite (c’est illusoire je le sais) et notre attitude est celle de la Recherche de l’Acte Gratuit et Inutile. Et nous sommes très heureux comme ça, pourvu que personne ne nous empêche de travailler (comme des fous – ça va de soi). » Jean Tinguely.

Pour pouvoir être libre de travailler, Tinguely et Niki de St Phalle vont tout financer de leur poche, et pour ne pas être considéré comme les « chefs », ils décident même de donner le terrain au plus riche de leurs amis, et font ensuite don de l’œuvre à l’Etat.

Ce « Cyclop » mesure 22,5 mètres de haut et pèse 350 tonnes d’acier ! Chaque artiste a contribué à l’élaboration, la construction, l’assemblage, la soudure… et chaque artiste a aussi créé une œuvre spéciale qui est venue s’intégrer dans cette structure gigantesque. Si Tinguely est à l’œuvre pour les mécanismes, c’est Niki qui s’occupe de la façade, du visage du « Cyclop », avec des milliers d’éclats de miroirs qui vont briller au soleil, refléter la nature environnante et évoluer au fil des saisons, des couleurs des arbres et de celles du ciel…

Pour les artistes disparus trop tôt, amis et sources d’inspirations, ils décident même de réaliser des oeuvres « hommage » pour Yves, Klein ou Marcel Duchamp par exemple.

le cyclop - jean tinguely
le cyclop - jean tinguely
le cyclop - jean tinguely
le cyclop - jean tinguely

Commencée en 1969, cette œuvre ne sera inaugurée qu’en 1994, trois ans après la mort de Jean Tinguely. Mais les autres n’ont pas baissé les bras et n’ont pas abandonné le projet.

Pour l’anecdote… Jean Tinguely et Niki de St Phalle sont allés au début du projet en mairie de Milly la Forêt dans le but de « déclarer la naissance » du Cyclop. C’est alors que le Maire de l’époque, leur conseilla de ne pas demander d’autorisation et de faire les travaux en toute discrétion… Il a su comprendre la démarche artistique du couple et a gardé le secret pour permettre à cette œuvre de « naitre ».

Cette œuvre est, à mon sens, le reflet de ce que la force et l’esprit du collectif peuvent faire.

Jamais Tinguely n’aurait pu aller au bout de son projet seul mais il a fait un choix.  Non pas celui de s’entourer de « petites mains » pour exécuter ses idées. Mais il a fait le choix de l’intelligence et la créativité collective en invitant d’autres artistes comme lui à apporter leur pierre à l’édifice aussi bien au propre qu’au figuré. Il a voulu que cette œuvre soit le reflet de la connexion de leurs cerveaux à tous. Lorsque l’on visite cette œuvre, c’est bien à l’intérieur de cette tête que l’on peut entrer, comme si ces artistes nous livraient leurs secrets et leurs pensées les plus intimes… Car quoi de plus universel que l’intime 😉…

Grâce à ce projet un peu fou et à la ténacité de tous ces artistes, il est maintenant possible de le visiter d’Avril à Octobre. Pour suivre l’actualité de ce lieu c’est par ici : https://www.lecyclop.com/

Une numérisation de l’oeuvre a aussi été réalisée pour permettre de la visiter virtuellement. Sur cette petite vidéo vous pourrez découvrir le travail de numérisation qui a été réalisé en vue de la restauration de la façade aux miroirs.

A votre tour… grâce au team-building artistique

team-building artistique - fresque collective
team-building artistique - fresque collective
team-building artistique - fresque collective

Le team-building est un bon moyen de créer du lien et de connecter les cerveaux dans un atelier d’idéation et de créativité ! Et quel meilleur moyen pour être créatif que de passer par la création d’une oeuvre collective !

Ces ateliers permettent aux collaborateurs de développer des capacités insoupçonnées et souvent refoulées. Car créer c’est quoi ? C’est se donner l’autorisation de tenter de nouvelles choses, de sortir de sa zone de confort, de laisser l’inconnu entrer chez soi (l’inconnu c’est CE et CEUX que l’on ne connait pas ou peu, y compris nos collègues de travail).

C’est là que j’interviens en tant que coach/facilitatrice afin d’aider vos équipes à faire émerger les idées grâce à la création d’une œuvre collective, dans le but d’une transformation personnelle et du groupe 😊…

Durant mes 13 ans d’expérience dans l’encadrement d’ateliers créatifs de cohésion, j’ai eu l’opportunité et la chance de me retrouver confrontée à de nombreuses problématiques managériales.

Le constat que j’ai pu en faire est que la création collective est un outil de cohésion et d’idéation bien plus puissant que ce que l’on peut imaginer de prime abord. Les résultats qui en découlent sont inestimables pour le bien-être des participants, pour la libération de la parole et la cooptation des idées.

« Une oeuvre d’art  est le résultat d’une action dont le but fini est de provoquer chez quelqu‘un des développements infinis. ».

Ces fameux « développements infinis » dont Paul Valéry nous parle seront le résultat de l’action que vous aurez mis en place grâce à la co-reflexion et la co-création collective.

Si la cohésion et la création collective font partie de vos problématiques, contactez-moi pour en discuter. Nous pourrons établir ensemble la meilleure solution pour répondre à vos attentes.